"Le confessionnal n’est pas une teinturerie qui ôte les taches des péchés, ni une séance de torture où l’on inflige des coups de bâton. La confession est la rencontre avec Jésus au cours de laquelle on touche du doigt sa tendresse" pape François

Il y a quelques semaines, notre pape François avouait aux missionnaires de la miséricorde que sa confession du 21 septembre 1953 avait changé sa vie car il avait été profondément touché par la Miséricorde de Dieu. Lorsque le rédacteur d’une revue jésuite lui a demandé : « Qui est Jorge Mario Bergoglio? » Voici sa réponse : « Je ne sais pas quelle est la définition la plus juste … Je suis un pécheur. C’est la définition la plus juste …Ce n’est pas une manière de parler, un genre littéraire. Je suis un pécheur … La meilleure synthèse, celle qui est la plus intérieure et que je ressens comme étant la plus vraie est bien celle-ci : Je suis un pécheur sur lequel le Seigneur a posé son regard. Je suis un homme qui est regardé par le Seigneur. »

Je pense que nous avons beaucoup à apprendre de notre pape. Et à la demande de quelques-uns d’entre vous, je vais essayer de vous parler de la beauté de ce sacrement. Je le fais surtout pour rassurer et encourager ceux qui, la plupart du temps, ont peur de se présenter devant le prêtre, par honte, par timidité ou par manque de connaissance de ce sacrement.

Origine et histoire :

Jésus institue explicitement ce sacrement le jour de sa Résurrection, quand il transmet à ses apôtres, rassemblés au cénacle, ce ministère du pardon (Jn 20,21-23). Dans l’antiquité chrétienne, la réconciliation était considérée comme un « second baptême ». A l’époque, ce sacrement était si exigeant (confession et pénitence publiques devant toute la communauté chrétienne avant de recevoir l'absolution) qu’on attendait d’être sur son lit de mort pour le recevoir. Au début de l’époque médiévale, la réconciliation est devenue privée et secrète et la pénitence est devenue moins exigeante et proposée seulement après l’absolution. Je pense que personne ne rêverait de cette forme primitive de confession publique, c.à.d. à voix haute devant l’évêque ou le prêtre et toute l’assemblée. Pour des raisons plus qu’évidentes (guerres, catastrophes naturelles), un prêtre peut, selon le Concile Vatican II, donner à l’heure actuelle, une absolution collective sans confession publique afin de ne pas priver de ce sacrement, les personnes en danger de mort imminente et dans l’impossibilité de se confesser dans l’intimité. Mais celui qui a reçu l’absolution collective, s’il a survécu, devra toujours impérativement se présenter "dès que possible, et au plus tard avant un an » devant un prêtre, pour lui confesser individuellement ses péchés graves. Dans d’autres cas, le prêtre devra toujours demander une permission spéciale à son évêque. Par contre, il arrive fréquemment que l’on favorise une préparation collective (avant les grandes occasions) mais la confession est toujours personnelle et privée. Le sens et la force de ce sacrement.

« Soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux ». Sacrement de guérison peut-on lire dans le nouveau catéchisme de l’Eglise. C’est bien dans cet esprit que devrait être vécu le sacrement de la réconciliation. Car ce sacrement est avant tout le signe de l’amour infini de Dieu et… l’amour inconditionnel n’est-il pas le seul chemin vers la guérison ? Le pardon de Dieu est toujours possible si nous faisons une démarche vraiment sincère. En nous reconnaissant pécheur, nous croyons que l’Amour infini de Dieu sera toujours le plus fort et nous mènera à la conversion et à la guérison.

Le pardon de Dieu est exprimé par le prêtre et ce vis-à-vis avec lui dans ce sacrement est dès lors essentiel même s’il n’est pas facile. Le dialogue avec un prêtre est le signe visible et donc efficace de la réconciliation avec Dieu et avec nos frères. Pour nous placer de manière juste face à nos faiblesses et à nos péchés, il est fondamental de vivre ce sacrement dans l’esprit de la relation avec le Père qui m’attend.

Le mot biblique péché hatta't provient d'un mot qui signifie « manquer le but ou la cible». C’est-à dire, rater Dieu, rater le bonheur, rater ce qui est le plus beau en nous, s’en éloigner par nos choix contraires à l’Evangile. Dieu, plein de miséricorde, veut notre bonheur, il se penche sur nous pour nous relever et nous guérir de nos péchés et des conséquences de nos actes.

Ce qu’il veut par-dessus tout, c’est que nous soyons proches de Lui. Il n’y a pas aucun péché impardonnable. Seulement, le refus du pardon et de la conversion nous rendent hélas, imperméables à la miséricorde. Persister et soutenir de graves injustices sociales, des actes contre la vie (avortement, euthanasie, manipulation sur les embryons…), choisir le concubinage, etc … , tout cela ne doit pas nous freiner à vivre ce sacrement de Réconciliation. Rappelez-vous, nous ne sommes jamais privés de l’amour de Dieu, nous nous cachons simplement de Lui, comme Adam et Eve après le péché originel, car nous avons honte et c’est cela qui est le plus mortifiant. Nous ne pourrons peut-être pas recevoir l’absolution car nous ne sommes pas désireux de changer à ce moment-là mais cela ne nous empêchera pas d’entendre, par la bouche du prêtre, combien Dieu nous aime à cet instant précis, et ce, malgré notre persistance à pécher. Dans bien des cas, se confier à la miséricorde infinie du Père et l’accueillir nous mèneront progressivement vers un profond changement, par la guérison du cœur et de nos blessures intérieures. Et c’est cela, le vrai chemin de conversion …

Le pape François interpelle d’ailleurs fréquemment les prêtres et toute la communauté chrétienne à porter inlassablement le témoignage de la miséricorde, même devant une attitude enfermée ou bloquée au message de l’évangile. Sans cela, pas de conversion possible !

Comment se déroule la confession ?

Seule la prière de l’absolution du prêtre est formalisée. On pourrait dire qu’il suffit de venir devant un prêtre et de se laisser guider. Il est préférable, évidemment, de se préparer pour vivre cette rencontre comme une étreinte dans les bras du Père qui nous attend et l’envoi de Jésus lui-même : « Tes péchés sont pardonnés, va et ne pèche plus ».

On n’avoue pas seulement un aspect de notre vie ou des derniers jours, mais par cette démarche, c’est notre vie entière que l’on dépose devant Dieu, en explicitant ce qui a été grave depuis la dernière confession et ce qui a entravé ma vie avec Dieu et avec les autres.

L’attitude de contrition (regret de nos péchés) et la complétude de notre aveu sont donc essentiels et ça peut nous aider d’ouvrir la Bible, de prendre un temps de silence, de prière, de lire un livre, article, ou de regarder un site sur cette démarche.

Résumons par un schéma pratique de confession :

1° Bénissez-moi, mon père, parce que j’ai péché (on peut faire un signe de croix). 2° Il y a (autant de temps) que je ne me suis pas confessé. 3° Depuis, voici les péchés que j’ai commis : Envers Dieu… Envers mon prochain… Envers moi-même… 4° J’en demande pardon à Dieu, et à vous mon père pénitence et absolution. 5° Le prêtre ensuite peut éventuellement poser l’une ou l’autre question qui lui semblerait utile, prononce la formule d’absolution, propose une pénitence, qui sera le plus souvent une prière ou une méditation d’un passage de l’Évangile, invite à repartir dans la paix.

Nous ne devrions pas trop nous tracasser de ce schéma, qui est plus une aide qu’une formalité à accomplir car le prêtre nous guidera. L’essentiel, c’est de s’ouvrir à la miséricorde de Dieu et de vouloir être relevé par elle à la vie restaurée et renouvelée. Une belle démarche de la résurrection personnelle dans ce sacrement de la Miséricorde de Dieu envers chacun.

Père André Sarota