Eglise Saint Jean-Baptiste

Tarlier et Wauters s’étonnaient en 1862 de l’absence d’église dans la commune de Clabecq, particularité effectivement rarissime en Belgique à l’époque. Mis à part l’intermède concordataire l’unissant de 1802 à 1809 à la paroisse de Oiskerque. Clabecq fit en effet toujours spirituellement partie, jusqu’en 1867 de la paroisse de Tubize, partageant avec elle ses avatars et les juridictions ecclésiastiques de Cambrai, Namur, (1561) et Malines (1802).

Ses habitants, qui avaient,en 1698 intenté un procès à ce sujet au chapitre décimateur de Nivelles, exigeant alors une église ou au moins un desservant particulier pour leur chapelle consacrée à Saint Jean-Baptiste en 1689, renouvelèrent vainement leurs intances en 1786, refusant toutefois toute participation financière personnelle; autre que leur contribution d’un cinquième dans les frais de fonctionnement de la paroisse mère de Tubize.

Cet état de fait prit fin en 1867 avec la construction d’une belle église néo-romane de 35 mètres sur 15, en brique avec anglées et encadrements de pierre blanche, dessinée par l’architecte provincial E. Coulon, achevée lors du démembrement de la nouvelle paroisse, sous le vocable du saint précurseur, déjà honoré et invoqué de date immémoriale à Clabecq. Une tour élégante, surmontant une façade percée d’un portail en plein cintre, dresse sa haute flèche octogone à 40 mètres de hauteur, précédant un vaisseau à 3 nefs en forme de basilique. Ses autels en même pierre d’Euville sont remarquables. D’admirables mosaîques du maître-verrier Steyart de Bruxelles ont remplacé les anciennes verrières du sanctuaire ( dont un Saint-Louis présentant, sur un coussinet, la couronne d’épines), détruites par l’explosion du 10 novembre 1918, veille de l’armistice; les nouveaux vitraux sont de L. M Londot, auteur de la polychromie intérieure de 1964-66. Le jubé, les orgues, la chaire et les confessionnaux sont de même style et de même époque que l’édifice, comme d’ailleurs le lutrin d’acajou et les stautues en bois représentant le saint patron, le Sacré-Coeur et la Vierge à l’Enfant.

Un oratoire moderne abrite depuis 1894 les ruines de l’ancienne chapelle, dédiée déjà au XVIIe siècle à saint Jean Baptiste, but d’un pèlerinage jadis très fréquenté le jour de sa fête. Une confrérie érigée en so honneur en 1892 comptait, en 1899, 150 membres dont une des finalités était la préservation, par l’intercession du saint, des maux de l’âme et du corps, spécialement des convulsions enfantines et de l’épilepsie.

Sur la route d'un saint ...

Saint Jean Baptiste fêté le 24 juin : Saint Jean-Baptiste est le seul saint, hormis la Vierge, dont on fête la naissance terrestre. Si chacun des Evangélistes donne à Jean-Baptiste sa place majeure au début de leur évangile, seul Luc relate sa naissance (Lc 11, 5-80).

Le nom de Jean dérive du mot en langue hébraïque Yehōchānān formé des termes Yehō(une abbréviation de Yahweh), nom propre de Dieu, et chānān qui signifie « a eu miséricorde » ou « a eu la grâce ». La signification du nom Jean est donc « Dieu a eu miséricorde » ou « don de Dieu ». En cette année de la miséricorde, interrogeons-nous sur son message : Tout d'abord, la figure de Jean Baptiste, nous renvoie à celle de l’Eglise (tous les chrétiens) : " L’Eglise existe pour proclamer, pour être la voix d’une Parole, de son époux, qui est la Parole. Et l’Eglise existe pour proclamer cette Parole jusqu’au martyre".

" Préparer le chemin du Seigneur, discerner la vérité, diminuer pour que Dieu grandisse ", c’est "la" vocation du prophète Jean-Baptiste, mais aussi de tout chrétien. Un chrétien ne s’annonce pas soi-même, il annonce un autre, il prépare le chemin à un autre : au Seigneur . « Comme Jean-Baptiste disait : « Je suis seulement une voix pour préparer la route au Seigneur ». C’est la première vocation : préparer le peuple, préparer le cœur du peuple pour la rencontre avec le Seigneur ». Deuxième vocation : « Un chrétien doit savoir discerner la vérité de ce qui semble la vérité mais qui ne l’est pas : c’est un homme de discernement. » Ainsi Jean-Baptiste a dû « discerner entre de nombreuses personnes qui était le Seigneur. » Il a dû aussi témoigner de son discernement aux autres : « « Voici l’agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde ». Les disciples regardèrent cet homme qui passait et le laissèrent aller… Le jour suivant Jean-Baptiste dit à nouveau : « C’est lui ! Il est plus digne que moi ». Les disciples le suivirent. Enfin, troisième vocation : « Un chrétien doit savoir s’abaisser pour que le Seigneur grandisse, dans le cœur et l’âme des autres ». La vie de Jean-Baptiste « a diminué », il « s’est abaissé jusqu’à s’anéantir lui-même, pour que grandisse le Seigneur ». Cet abaissement peut prendre diverses formes. Pour le prophète, ce fut « non seulement l’obscurité de la cellule, mais l’obscurité du cœur » : « C’est l’étape la plus difficile de Jean car le Seigneur avait un style qu’il n’avait pas imaginé, à tel point que dans sa prison, il douta : « Me serai-je trompé ? Pourquoi le Messie a-t-il un style si simple ? ». Comme c’était un homme de Dieu, il envoya les disciples lui demander : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? ». « L’humiliation est double : l’humiliation de sa mort comme prix d’un caprice », et l’humiliation « de l’obscurité de l’âme ». Il est « seul » car il « s’est anéanti pour que le Seigneur grandisse ». Mais il a « le cœur en paix ». Notre pape François le décrit comme ceci : « Saint Jean-Baptiste est le modèle d’une Eglise « non-idéologisée » : il est une « voix » mais il ne s’approprie pas la « Parole », une lumière mais « pas la lumière », il n’existe que pour « en indiquer un autre »…C’est un prophète, un homme qui a été grand et a fini comme un pauvre diable ». Laissons-nous donc guider par la Voix qui nous indique la Parole de miséricorde (« Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde »).

« Préparez le chemin du Seigneur » est pour nous un « commandement » de regarder notre vie, d’orienter (convertir) notre vie au Seigneur Jésus. « Préparez le chemin du Seigneur » est aussi une « invitation » à imiter la figure de Jean-Baptiste, qui prépare le chemin du Seigneur en demandant aux gens avec force de se convertir, c’est-à-dire d’orienter leur vie vers le Seigneur Jésus. Il n’y a pas de conversion personnelle qui ne devienne aussi une invitation adressée aux autres : l’expérience personnelle pousse à y faire participer tout le monde parce que ce qui est beau doit être partagé. En partageant, en témoignant, de Celui qui vient, "la poussière d’histoire" que sont nos petites vies devient l’histoire même de Dieu. C’est seulement ainsi que nous deviendrons les témoins et les annonciateurs d’une présence forte, bouleversante, engageante du Seigneur Jésus. Rénovons les chemins, redressons les voies tordues de l’égoïsme et de l’orgueil, en laissant la place à la voie de la charité, la seule capable de préparer vraiment à la rencontre. « Préparer le chemin du Seigneur », c’est restructurer le chemin du cœur qui permet de discerner ce qui est important. Ainsi, serez-vous purs et irréprochables pour le jour du Christ (Ph 1,10). «Préparer le chemin du Seigneur » signifie renoncer au péché, à la méchanceté et à la jalousie. «Préparer le chemin du Seigneur » signifie recevoir le baptême de pénitence, mendier la miséricorde pour recevoir le pardon de ses péchés. Et enfin, en cette Année de la miséricorde, « préparer le chemin du Seigneur», c’est imiter la Vierge Marie qui a préparé le chemin du Seigneur dans la prière, le silence, la charité envers son prochain, à travers sa pleine disponibilité. Quelle leçon d'humilité ! Alors au travers Saint Jean Baptiste et l’intercession de la Vierge Marie, demandons dans la prière de pouvoir préparer notre cœur et notre esprit afin qu’ils soient dignes d’accueillir Jésus, « visage de la miséricorde du Père ».

Texte inspiré des nombreux documents du Pape François (Homélie , encyclique, . ..) via "Zenit". Natacha