Ce vendredi 29 avril, Mgr Hudsyn en lien avec la pastorale santé du Brabant Wallon, invitait les prêtres, visiteurs de malades et aumôniers à la formation d'accompagnement des malades et personnes âgées en fin de vie. En effet, dans nos hôpitaux, à domicile ou en maisons de repos, de nombreuses euthanasies sont programmées sans avoir donné l’opportunité aux malades d’avoir un accompagnement spirituel, personnel, aimant et priant. Cette journée nous a permise d'approfondir notre mission auprès de ces personnes en marge de la société. Voici quelques brides de cette journée.

La fin de vie est souvent traversée de questionnements de sens, de découragement, de tensions, de peur et parfois d’angoisse; et le fait d' entendre quelques témoignages permet sans aucun doute de mieux comprendre les enjeux de notre société. En effet, le "fantasme" d'aujourd'hui, c'est d'être sans limites ! D'être le maître de la vie et de la mort, d'être dans la toute-puissance ! Soit je décide de ma vie (acharnement thérapeutique) soit je décide ma mort (euthanasie), et tout cela au nom de la dignité humaine… Mais qu'est-ce que la dignité ? Est-ce qu'elle se mesure avec le plein exercice des capacités physiques et intellectuelles de l'homme ? Est-ce un sentiment d'inutilité humaine et spirituel ?

Donc si je ne suis plus "capable de faire " je ne suis plus digne d'exister ? Ne serait-on donc pas toujours digne de vivre et d'être aimé ?

Notre Pape François nous met en garde contre une fausse compassion, qui inciterait à dire que c'est par dignité que l'on propose l'euthanasie ! NON, ce n'est pas cela la compassion ! La " faiblesse, le corps abimer et parfois décharné" de l'autre ne refléterait-elle pas nos propres peurs de se voir "diminuer", compté pour rien ?

La vie est un bien précieux et le temps passé auprès d'un mourant est un moment privilégié pour lui, mais aussi pour l'accompagnateur ! Les soins palliatifs sont là pour accompagner l'autre, le soulager autant que possible des douleurs physiques (et la médecine en a souvent les moyens), même si cela doit passer pour un temps par la sédation … le but étant de soulager l'autre pas de le tuer! Pour un chrétien, la dignité exprime la valeur inconditionnelle et incommensurable de l'être humain.

Et l'accompagner moralement/spirituellement, c'est être à l'écoute de sa souffrance, qu'il soit reconnu et aimé tel qu'il est; car la dignité se lit d'abord dans le regard de l'autre ! Accompagner c'est briser la solitude, cette solitude qui naît d' un repliement sur soi-même et qui est souvent la conséquence de la souffrance morale; ou encore une solitude qui prend naissance par notre propre enfermement , mais aussi, la solitude dans laquelle les autres nous laissent parce que justement on est souffrant ! Accompagner c'est "vivre avec", c'est aussi un temps d’action de grâce (aussi paradoxale que cela puisse paraître!), de relecture de vie sous le regard et la miséricorde de Dieu, un temps de renforcement des liens familiaux et/ou fraternels.

C'est aussi ouvrir de nouvelles portes, donner un sens à ce qui a priori est un non-sens ! Accompagner c'est aimer et accepter de faire ce bout de chemin particulier avec celui que tu aimes et qui s'apprête à partir et y être pleinement "toi", le cœur ouvert et disponible pour l'accueillir. C'est vrai, l'accompagnement peut être très éprouvant, mais c'est justement parce qu'il est homme ou femme à part entière qu'il reste profondément lui-même dans ce corps abimé; c'est à ce moment-là qu'il a le plus besoin du regard d'un autre, pour exister, dans cet état de faiblesse extrême. Et ce regard-là, qui peut être le tien, aussi difficile soit-il à poser, peut transformer une vie, une fin de vie … Natacha.